Jusque là, j’ai toujours eu de la chance

Jusque là, j’ai toujours eu de la chance


Jimmy Zeidan, Responsable du service des soins ambulatoires

Regards sur bethléem, No 49, juin 2019

Jimmy Zeidan dirige le service des soins ambulatoires au Caritas Baby Hospital.

«Tirer le meilleur parti d’une situation», c’est vite dit. Pour Jimmy Zeidan, c’est une devise, un moteur, une philosophie au quotidien. Jimmy avait huit ans lorsque sa famille, qui vivait jusqu’alors en Jordanie, a déménagé à Bethléem au milieu des années 1980 pour rejoindre sa grand-mère, veuve depuis peu. Il a dû retrouver ses repères dans un nouvel environnement. «Pour mes nouveaux camarades de classe, j’étais intéressant car je venais d’Amman.»

Après sa maturité, Jimmy Zeidan a débuté des études de biologie et d’anglais. Par ailleurs, il s’est engagé auprès de l’église protestante et faisait des visites guidées de Bethléem et d’Hébron pour des groupes de jeunes étrangers. C’est à cette occasion qu’il a fait la connaissance de Maria, une jeune Allemande, et qu’ils sont devenus un couple. Pour eux, se marier est rapidement devenu une évidence. Jimmy Zeidan a interrompu ses études pour gagner sa vie et a trouvé un emploi de croupier au casino de Jéricho. Ce lieu alors surnommé le «Las Vegas de la vallée du Jourdain» reflétait la bonne ambiance qui régnait après la signature des accords d’Oslo. Mais en 2000, la deuxième Intifada a éclaté et le casino a définitivement fermé ses portes.

Formation en Allemagne 
La situation politique est devenue insupportable et Maria et Jimmy ont déménagé en Allemagne, où Maria a immédiatement trouvé un emploi d’infirmière. Jimmy Zeidan a suivi des cours d’allemand financés par le père d’une connaissance, puis il a trouvé un travail bien payé dans la construction chez un parent éloigné. «Et ce ne furent pas les seules coïncidences heureuses. J’ai toujours eu de la chance dans ma vie.»

Avec son diplôme d’allemand en poche, Jimmy Zeidan s’est mis à la recherche d’une formation adaptée. «Personnel de bord m’aurait bien plu, mais ce n’était pas un choix judicieux pour Bethléem qui n’a pas d’aéroport à proximité. L’ingénierie aurait aussi été une alternative, mais les études étaient trop coûteuses.» C’est pourquoi il s’est tourné vers les soins infirmiers, choix qu’il n’a jamais regretté.

Nouvelles perspectives au Caritas Baby Hospital 
Lorsque la situation à Bethléem est redevenue suffisamment sûre pour une jeune famille, les Zeidan y sont revenus. Jimmy a trouvé un emploi au Caritas Baby Hospital en tant que membre du personnel soignant au service des soins intensifs. Après seulement deux ans, on lui a proposé de diriger le service des soins ambulatoires. La Out-Patient-linic soigne chaque année des patientes et des patients de plus en plus nombreux. Les tâches du responsable de service sont multiples. «Avoir travaillé dans des domaines très ifférents et dans des conditions très diverses est d’une aide précieuse», admet-il.

Grâce à sa formation en Allemagne, il connaît aussi le système hospitalier là-bas. Selon lui, «Par comparaison, le Caritas Baby Hospital n’a pas à rougir. Au contraire, s’agissant de la qualité des soins, nous pouvons rivaliser très honorablement.»

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